Il est prévu que le canton de Vaud déploie progressivement le PGEE 2.0. Cette nouvelle génération de Plans Généraux d’Évacuation des Eaux introduit une gestion plus coordonnée des eaux, des données standardisées et une meilleure anticipation du renouvellement des infrastructures. Si votre commune dispose déjà d’un PGEE, il est utile de comprendre dès aujourd’hui ce qui changera lors de sa prochaine révision.

À quoi sert le PGEE ?

Le Plan Général d’Évacuation des Eaux est l’outil de planification de la gestion des eaux à l’échelle communale. Il recense les réseaux, évalue leur état, identifie les problèmes et planifie les travaux à réaliser selon des priorités définies.

C’est également un outil financier qui permet d’estimer les coûts d’entretien et de renouvellement des infrastructures afin d’adapter les taxes et les investissements dans la durée.

Toutes les communes sont tenues de disposer d’un PGEE à jour conformément à la législation fédérale sur la protection des eaux.

Pourquoi une deuxième génération ?

Les PGEE réalisés depuis les années 1990 ont rempli leur rôle. Mais plusieurs limites sont apparues avec le temps et de nombreux PGEE n’ont jamais été réellement mis à jour. Les réseaux ont évolué, des travaux ont été réalisés, mais le document n’a pas suivi.

Et puis, les exigences cantonales et fédérales ont changé. Les autorités demandent désormais des données numériques structurées et transmissibles, ce que les anciens PGEE ne permettent pas toujours.

Le PGEE 2.0 répond à ces enjeux.

Ce qui change concrètement : une approche à l’échelle du bassin versant

Jusqu’à présent, chaque commune planifiait son réseau de manière relativement indépendante. Avec le PGEE 2.0, la réflexion s’organise à l’échelle du bassin versant de la STEP, soit l’ensemble des communes raccordées à une même station d’épuration.

Pour les communes déjà habituées à collaborer autour d’une STEP intercommunale, la réalité du terrain change peu. En revanche, certaines problématiques seront désormais analysées à une échelle plus cohérente, notamment la qualité des eaux ou la gestion des données.

L’infiltration devient prioritaire

Le nouveau référentiel privilégie la gestion des eaux à la source. L’objectif est de conserver les eaux non polluées là où elles tombent lorsque les conditions le permettent, plutôt que de les acheminer systématiquement vers le réseau et les cours d’eau.

Cela implique notamment d’identifier les secteurs où les eaux de toiture ou de surface peuvent être infiltrées naturellement. Cette approche contribue à préserver les nappes phréatiques et à privilégier des concepts de ville éponge.

Mieux anticiper le renouvellement des infrastructures

Après la mise en séparatif des premiers réseaux, de nombreux collecteurs et équipements approchent bientôt de leur fin de vie. Leur remplacement et assainissement représente des investissements importants.

Le PGEE 2.0 intègre une estimation de la valeur de renouvellement des infrastructures ainsi qu’une vision financière à long terme. L’objectif est de permettre aux communes d’anticiper les besoins futurs et de répartir progressivement les coûts dans le temps.

Des données durables et faciles à mettre à jour

Toutes les installations seront décrites selon des standards nationaux définis par le VSA et la Confédération.

Au-delà de la compatibilité entre les différents acteurs, cette structuration permet surtout de mettre à jour les données de manière ciblée. Lorsqu’un tronçon est remplacé ou qu’un nouveau quartier est construit, seules les informations concernées doivent être adaptées.

Le PGEE devient ainsi un outil évolutif plutôt qu’un document figé qui vieillit rapidement.

Un outil qui vit avec le territoire

Le PGEE 2.0 est organisé en plusieurs modules du VSA (vers. PGEE 2025) couvrant des thématiques telles que le cadastre des installations, la protection des eaux souterraines ou le financement.

Chaque module peut être actualisé selon son propre cycle de mise à jour. En parallèle, un plan d’action est mis en place et révisé régulièrement afin d’intégrer les travaux réalisés et les priorités à venir. Le plan d’action devient l’outil de pilotage des Communes et associations intercommunales.

Cette approche transforme le PGEE en un outil de gestion et de pilotage pour la commune.

Où en est-on aujourd’hui ?

Le canton a lancé fin 2023 une phase pilote avec plusieurs communes et associations intercommunales afin de tester le nouveau référentiel en conditions réelles.

Le déploiement à l’échelle cantonale est prévu à partir de 2026 et s’étalera progressivement sur les années suivantes.

Sources : Canton de Vaud (vd.ch) , VSA – Guide PGEE 2025 (vsa.ch)

Notre bureau participe à cette phase pilote pour le compte de l’Association intercommunale du Vallon du Nozon. Cette expérience nous permet de suivre l’évolution du dispositif au plus près et d’accompagner les communes dans la compréhension de ces nouvelles exigences.

Par où commencer ?